Le guide du réfugié en France
Refugee guide in France
Numéros d’urgence
Aide médicale (SAMU) : 15
Police secours : 17
Sapeurs-Pompiers : 18
Numéro d’urgence européen : 112
Numéro d’urgence accessible aux personnes
sourdes et malentendantes : 114
Hébergement d’urgence : 115
Protection de l’enfance : 119
Demander l'asile en France : les premières démarches
La demande d'asile commence par un passage dans une structure de premier accueil des demandeurs d'asile (SPADA), gérée par une association mandatée par l'État. Cette structure prend rendez-vous pour vous auprès de la préfecture, dans le guichet unique pour demandeurs d'asile (GUDA). Là, les services de la préfecture et ceux de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) enregistrent votre demande, relèvent vos empreintes digitales et vérifient si la France est bien responsable de l'examen de votre dossier, conformément au règlement Dublin.
À l'issue de ce rendez-vous, on vous remet une attestation de demande d'asile. Ce document prouve que vous êtes en règle sur le territoire pendant l'examen de votre demande. Il faut le conserver précieusement et en garder des copies. Vous disposez ensuite de 21 jours pour envoyer votre dossier à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Il doit être rédigé en français et accompagné de votre récit, de vos documents d'identité et de tout justificatif utile.
L'entretien à l'OFPRA et la décision
Après l'envoi du dossier, l'OFPRA vous convoque à un entretien individuel. Vous pouvez demander la présence d'un interprète dans votre langue, ce qui est gratuit. L'agent vous pose des questions sur les raisons de votre départ, les persécutions subies ou redoutées et votre parcours. Il est important de répondre avec précision et de rester cohérent avec le récit écrit. Vous pouvez venir accompagné d'un avocat ou d'un représentant d'une association.
La décision vous est notifiée par courrier. Trois issues sont possibles : le statut de réfugié, qui donne droit à une carte de résident de dix ans, la protection subsidiaire, qui donne droit à une carte de séjour pluriannuelle, ou un rejet. En cas de rejet, vous pouvez former un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) dans un délai d'un mois. L'aide juridictionnelle permet de faire prendre en charge les frais d'avocat.
Allocation, logement et santé pendant la procédure
Les demandeurs d'asile peuvent bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile (ADA), versée par l'OFII sur une carte de paiement. Son montant dépend de la composition de la famille et de la mise à disposition ou non d'un hébergement. L'OFII propose aussi un hébergement dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) ou dans un autre dispositif, mais les places restent insuffisantes. En attendant, le 115 permet de demander un hébergement d'urgence.
- Protection universelle maladie (PUMa) : l'accès aux soins est ouvert après un délai de trois mois de présence en France.
- Permanences d'accès aux soins de santé (PASS) : ces services des hôpitaux accueillent gratuitement les personnes sans couverture.
- Aide médicale de l'État : elle concerne les personnes sans titre de séjour qui remplissent les conditions de ressources.
Apprendre le français et trouver sa place
Maîtriser la langue est l'une des clés de l'intégration. De nombreuses associations, des mairies et des centres sociaux proposent des cours de français gratuits ou à petit prix, souvent sans condition de statut. Une fois le statut obtenu, le contrat d'intégration républicaine (CIR) ouvre droit à une formation linguistique, à une formation civique et à un accompagnement vers l'emploi.
Les titulaires d'une protection peuvent aussi s'inscrire à France Travail, ouvrir leurs droits aux prestations sociales comme le revenu de solidarité active (RSA) et solliciter une aide au logement. Les missions locales accompagnent les jeunes de 16 à 25 ans. Plusieurs associations aident enfin à faire reconnaître un diplôme étranger ou à reprendre des études, ce qui facilite l'accès à un emploi correspondant à ses compétences.